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24 de julho de 2013

SALAM SUR GAZA

Foto: Bernard Bardinet



Dans les bras de la lumière
Et la beauté du monde

En dépit du plomb durci
A la barbe des sanguinaires

Ces flocons de neige
Pour apaiser la terre

Du feu qui lui brûle les lèvres
Pourquoi aimez-vous tant les cendres

Quand la braise nourrit mon cœur
Tendre dans les cours des rivières

Pourquoi détruisez-vous mon limon
Réduit en poussière

Le soleil vous fait-il peur
De voir votre propre ombre


Paris 30 décembre 2008

Tahar Békri  (Tunísia)

20 de junho de 2013

SOBRE O DESERTO - MANO DAYAK - TEXTO EM FRANCES

Je suis né avec du sable dans les yeux

Le désert ne se raconte pas, il se vit. Alors, comment trouver les mots qui pourraient traduire cette passion que le nomade éprouve pour son désert ? Pour ceux qui n’y ont pas vécu, il apparaît comme un grand espace vide, tandis que pour nous il est infiniment vivant. Comment expliquer cet amour que nous portons à cet environnement si aride et si difficile ?

L’homme est toujours profondément marqué par la terre qu’il habite. Toute sa personnalité est forgée à l’image de cette terre. En cela, le désert reste l’exemple le plus parfait de cette adaptation, de cette intégration de l’homme à son milieu. À l’image de la terre qu’il habite, le Touareg a su se faire humble pour survivre, mais aussi austère et fort pour se défendre. Il sait que, pour survivre, il doit s’adapter au désert, le comprendre, l’écouter. Car le désert sera toujours plus fort que l’homme. Il faut donc pour y vivre, autant de simplicité que de courage.

Le désert est pour moi extrêmement beau et pur, à la fois bouleversant et magique. Chaque fois que je me retrouve face au désert, il m’entraîne dans cet émouvant voyage en moi-même ou s’entrechoquent de nostalgiques souvenirs, les angoisses et les espoirs de la vie. C’est le désert qui m’a enseigné cette communication avec l’infini mystérieux. Le désert c’est le mystère du vent qui chasse devant lui les dunes et qui leur donne les formes les plus étranges avec les lignes les plus pures.
C’est le mystère de l’acacia perdu au milieu de ces étendues de sable comme l’oublié d’un autre temps. C’est le mystère de cette touffe d’herbes surgie de nulle part, poussant dans le sable surchauffé, fragile et vivace à la fois.

C’est l’herbe qui griffe le sable de signes cabalistiques, brin d’herbe devenu dans mon imaginaire le porte-plume des génies dessinant des messages comme autant de signes du destin. C’est encore le mystère de ces orages surgis de nulle part pour déverser leurs cataractes d’eau comme autant de torrents de vie.
C’est enfin le mystère de la gazelle, fragile et gracieuse, fugace apparition, et le mystère de l’addax, puissant maître de ces lieux, seul détenteur du savoir absolu car seul être vivant qui puisse tenir plusieurs années sans boire la moindre goutte d’eau. Il est aussi le seul qui ne respecte pas notre loi d’habitants du désert : « Aman Iman » « l’eau c’est la vie ». Pour l’addax, qu’importe l’eau, il vit.


Le désert, c’est tous ces miracles à la fois, autant de sujets d’émerveillement qui nourrissent cette passion qu’éprouve le Touareg pour le désert. Pour nous, nomades, il n’existe rien au monde de plus émouvant, de plus passionnant qu’une caravane sinuant dans les sables, rien de plus émouvant que la poésie d’un campement nomade à la tombée de la nuit, quand les feux s’allument, que les troupeaux rentrent. Cette heure sacrée pendant laquelle les dunes et le ciel joignaient leurs couleurs embrasées par le soleil couchant.

Qu’est-ce qu’un homme peut désirer de plus lors qu’il a le privilège de s’endormir chaque soir sous un ciel protecteur, un ciel semé de plusieurs millions d’étoiles qui se sont allumées pour illuminer ses rêves ?

Le désert, c’est, pour nous nomades, une passion profonde et absolue, des images que même la mort ne peut avoir le droit de nous enlever un jour. Le désert semble éternel à celui qui l’habite et il offre cette éternité à l’homme qui saura s’y attacher.

Mano Dayak (Níger)
Guerrilheiro tuaregue da liberdade.

Retirado do livro: Je Suis Né Avec du Sables dans les Yeux

24 de janeiro de 2012

RIMBAUD - Tête de Faune

Artur Rimbaud

Dans la feuillée, écrin vert taché d'or,
Dans la feuillée incertaine et fleurie
De splendides fleurs où le baiser dort,
Vif et crevant l'exquise broderie,

Un faune égaré montre ses deux yeux
Et mord les fleurs rouges de ses dents blanches.
Brunie et sanglante ainsi qu'un vin vieux,
Sa lévre éclate en rires sous les branches.

Et quand il a fui - tel qu'un écureuil, -
Son rire tremble encore à chaque feuille,
Et l'on voit épeuré par un bouvreuil
Le Baiser d'or du Bois, qui se recueille.


Arthur Rimbaud (1854-1891) France

12 de janeiro de 2012

GEORGES MOUSTAKI - LE METEQUE (O ESTRANGEIRO)





Avec ma gueule de métèque
De Juif errant, de pâtre grec
Et mes cheveux aux quatre vents


Avec mes yeux tout délavés
Qui me donnent l'air de rêver
Moi qui ne rêve plus souvent


Avec mes mains de maraudeur
De musicien et de rôdeur
Qui ont pillé tant de jardins


Avec ma bouche qui a bu
Qui a embrassé et mordu
Sans jamais assouvir sa faim


Avec ma gueule de métèque
De Juif errant, de pâtre grec
De voleur et de vagabond


Avec ma peau qui s'est frottée
Au soleil de tous les étés
Et tout ce qui portait jupon


Avec mon cœur qui a su faire
Souffrir autant qu'il a souffert
Sans pour cela faire d'histoires


Avec mon âme qui n'a plus
La moindre chance de salut
Pour éviter le purgatoire


Avec ma gueule de métèque
De Juif errant, de pâtre grec
Et mes cheveux aux quatre vents


Je viendrai, ma douce captive
Mon âme sœur, ma source vive
Je viendrai boire tes vingt ans


Et je serai prince de sang
Rêveur ou bien adolescent
Comme il te plaira de choisir


Et nous ferons de chaque jour
Toute une éternité d'amour
Que nous vivrons à en mourir


Et nous ferons de chaque jour
Toute une éternité d'amour
Que nous vivrons à en mourir